Pourquoi la réutilisation des masques chirurgicaux est bloquée en France

Pourquoi la réutilisation des masques chirurgicaux est bloquée en France


Masques de protection sur le convoyeur de la ligne de production de l'usine KB MEDICA de Sartrouville (Val-d'Oise) le 28 octobre.

Alors que la pandémie de Covid-19 s’installe, Des millions de masques chirurgicaux s’accumulent chaque jour au mieux dans les ordures, au pire sur les trottoirs. Cet accessoire, composé de plusieurs couches de plastique appelé polypropylène, destiné à être éliminé après quatre heures d’utilisation, continuera d’être source de pollution jusqu’à ce qu’une solution de recyclage complète soit trouvée.

Depuis l’apparition de virus respiratoires tels que le SRAS ou le MERS-CoV au cours des dernières décennies, les chercheurs ont travaillé sur des méthodes pour réutiliser ces masques. Cependant, la réglementation en vigueur en France ne leur permettait pas d’appliquer les résultats de leurs recherches.

“Actuellement, il n’y a pas d’obstacle technique à la réutilisation des masques chirurgicaux, mais les restrictions réglementaires doivent être levées.”, explique Roger Genet, directeur de l’Autorité nationale de sécurité des aliments (Anses) et ancien directeur général de la recherche et de l’innovation, qui a été désigné par le Premier ministre lors de la naissance pour coordonner diverses initiatives dans ce domaine.

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Ce blocage réside principalement dans le statut juridique du masque respiratoire dit chirurgical. En fait, il est considéré comme un dispositif médical jetable “Destiné par le fabricant à une utilisation chez l’homme à des fins médicales”comme défini Code de la santé publique. Nous devrions nous en débarrasser après quelques heures d’utilisation. Ensuite, cela devient un déchet médical. Ce cadre juridique très strict a pour but de protéger les patients dans le milieu médical et d’éviter les contaminations. Cependant, comme l’a déclaré la direction générale de la santé, “Aucun texte réglementaire ne réglemente la réutilisation des masques à usage médical auprès du grand public.”qui doit s’appuyer sur les recommandations des fabricants.

Ce n’est pas encadré de la même manière

Rien à voir avec un masque FFP2 ayant le statut d’équipement de protection individuelle, “Destiné à être porté ou tenu par une personne à des fins de protection” principalement au travail comme indiqué Code du travailqui prévoit même la possibilité “Utilisation progressive de cet appareil (…) plusieurs personnes “, de “Mesures appropriées” qu’une telle utilisation ne présente pas de problème d’hygiène.

Malgré des usages très similaires depuis le début de la pandémie, ces deux types d’appareils ne sont pas du tout encadrés de la même manière. Paradoxalement, bien que les professionnels de la santé recommandent plutôt de porter des masques chirurgicaux qui offrent une meilleure respirabilité et un plus grand confort que leurs cousins ​​FFP2. Cette législation est ancienne en France; circulaire de 1986 alors rappelle les règles “Destruction après utilisation et non-stérilisation du matériel médical et chirurgical jetable”. C’est toujours la loi. Depuis, la réglementation européenne a ouvert la possibilité de réutiliser les masques chirurgicaux, permettant à plusieurs pays de s’attaquer au problème.

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bob

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